La flore malgache

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La flore malgache


   D’une richesse inouïe, selon les dires des spécialistes, la flore fait de l’île un paradis pour les touristes, les scientifiques venus en observation (dans les parcs naturels aménagés pour les recevoir, comme le parc de Ranomafana, dans la région de Fianarantsoa), et tout amateur, néophyte, artiste, homme du commun naturellement curieux, ouvrant ses yeux sur ce qui l’entoure.

 

En guise de préambule


   Une remarque sur cette observation de ce qui nous entoure : venant moi-même d’une région montagneuse, où la nature est préservée et riche en variétés d’espèces, j’ai pu constater deux types d’attitudes différents.

D’une part, les paysans ; d’autre part, les touristes ou ceux qu’on appelle les parachutés (parce que leurs grands parents n’ont pas grandi sur notre terre).

Les paysans ne remarquent pas toujours la beauté de ce qui les entoure, car avant tout, ils la travaillent. La terre pour eux, ce n’est pas de la glaise, des souliers de Van Gogh ou un Braque en puissance, mais une matière contre laquelle ils luttent, et oeuvrent. La beauté de la nature, ils l’ont, mais elle est dans le lac glacé d’azur de leurs yeux, dans le vent de leurs gestes, dans les valves rainurées de leurs mains calleuses.

Les touristes, en revanche, lorsqu’ils arrivent ici, s’émerveillent de ce qui passe presque inaperçu, ou est remarqué avec indifférence par tous les habitants. Ils s’émerveillent et traitent intérieurement de bêtes ceux qui ne ressentent pas cette beauté, trahissant par là même une perspicacité peu aiguisée. Mais laissons là ces considérations.

 

Les espèces endémiques


   On estime que 80 % à 90% de la flore de l’île Rouge est composé d’espèces endémiques, un chiffre à faire perdre la tête et à donner un sentiment d’idiosyncrasie et d’orgueil très fort, et ce, pour près de 13 000 espèces de plantes recensées.

Comment expliquer cette richesse unique ? Sans la résoudre, on peut avancer quelques faits : la variété des climats et biotopes, la séparation de l’île d’avec le continent africain voilà 100 millions d’années, et qui a préservé ses êtres vivants des prédateurs, l’absence de mécanisation et d’utilisation de procédés chimiques dans les pratiques agricoles qui a écarté les espèces d’une disparation précoce.

Mais on sait aussi que les hommes ont d’une autre main détruit cette nature, traçant de leur index la sombre histoire de la déforestation, si importante à Madagascar.

Quelques espèces


   Les bombacées comptent parmi les arbres les plus réputés de l’île et ont une renommée mondiale. On ne sait pas toujours que c’est à Madagascar qu’ils sont les plus présents ; on pense à l’Afrique, aux climats chauds. D’une part, il ne fait pas toujours chaud à Madagascar, et les hivers sont même froids à Antananarivo (et encore plus à Antsirabe) ; d’autre part, l’île Rouge est vraiment la réserve mondiale de baobabs puisqu’elle rassemble 6 espèces de baobabs sur les 8 existantes sur tout le globe. Vous pourrez apercevoir et toucher leur corps robuste, hiératique et alangui du côté de Morondava, mais aussi à Diego (tout au nord de l’île).

D’une façon plus générale, voici un aperçu de la richesse en matière de flore présente sur l’île de Madagascar :

 

  • frangipaniers : ces belles fleurs blanches, aux pétales veloutés et au coeur jaune soleil
  • hibiscus
  • bougainvillés : ils tombent par grappes entières le long des murs qu’érigent les propriétaires pour se protéger de l’insécurité de la capitale Tana
  • ylang-ylang : ils poussent par champs dans le nord de l’île et à Nosy Be
  • flamboyants : rouges bien sûr, et perçant le paysage d’une lame de sang entée sur un sceptre végétal
  • jacarandas : mauves et touffus, leur teinte pastel effleure les longues étendues vertes et ponctuent les collines dénudées. On dit que fumer des feuilles de cet arbre (après les avoir séchées dans du papier) guérit à vie de toute infection ou maladie de la gorge
  • euphorbes et poinsettias, qu’ici on appelle « Madagascar » car, lorsqu’on plie l’une de leurs feuilles en deux, on retrouve dessiné dans la nature, comme en un plan secret d’un grand horloger, le profil de l’île
  • nénuphars
  • pervenche malgache : elle pousse en milieu humide et dans les quartiers pauvres de la capitale Antananarivo, elle prolifère littéralement et recouvre des marécages entiers. Des hommes, rémunérés par des prestataires et par la commune, les arrachent ensuite, en pataugeant dans la boue jusqu’à la taille, avant qu’elle repousse plus touffue et vigoureuse, comme en un long travail de Sisyphe ou de Pénélope
  • ravinalas : les fameux arbres du voyageur
  • fromagers
  • banians
  • arbres à pain
  • lauriers
  • cocotiers
  • bambous
  • sisal

Et bien d’autres encore.